L’IMPORTANCE DE GÉRER LA DILUTION

L’IMPORTANCE DE GÉRER LA DILUTION

L’une des priorités de toute exploration minière est de maximiser la production et d’augmenter les revenus[1]. Pour y parvenir, les ingénieurs miniers doivent jongler entre les coûts, la productivité, la dilution, le taux de recouvrement[2] et les impacts environnementaux face à des gisements de plus en plus complexes. En ce qui concerne la dilution, elle a un impact direct sur la rentabilité d’une opération minière. En effet, elle engendre des coûts supplémentaires de transport, manutention, concassage, transformation et traitement du minerai[3]. Il est donc impératif de surveiller les facteurs à l’origine de la dilution et de développer et employer des techniques pour la minimiser autant que possible. Mais d’abord, qu’est-ce que la dilution ?

La dilution correspond à la proportion de stérile présente dans le minerai lors de l’extraction. On en distingue deux types : la dilution planifiée et la dilution non planifiée. La dilution planifiée correspond à la proportion de matériau en dessous de la teneur de coupure, qui se situe dans les limites du chantier et extraite lors du minage. La dilution planifiée est parfois inévitable du fait de la méthode de minage ou de la morphologie du gisement2. Aussi, il est parfois difficile de séparer le matériau inférieur à la teneur de coupure, du minerai à cause du manque de flexibilité des foreuses et des techniques de sautage employées1. Quant à la dilution non planifiée, il s’agit de la proportion de stérile qui se retrouve dans la roche blastée due à un forage ou sautage inefficace. Le surabattage est une des causes principales de la dilution non planifiée1. Cette dilution non planifiée peut également provenir de la fragmentation involontaire de roches en dehors des limites du chantier, des parois rocheuses instables qui tombent dans le chantier ou de la présence de remblais2, mais aussi d’erreurs liées à la manutention des matériaux par exemple1. Alors que la dilution planifiée est difficile à éviter, la dilution non planifiée quant à elle, peut être réduite grâce à une bonne planification mais aussi l’emploi d’équipements et de pratiques adéquates2.

Il est donc primordial de s’intéresser à la dilution puisqu’elle impacte différentes étapes du cycle minier au niveau économique et environnemental3. En effet, la dilution augmente le tonnage extrait des chantiers tout en, en diminuant la teneur[4]. Plus de tonnage signifie donc plus de matériau transporté, concassé, criblé et transformé à l’usine. Au niveau économique, les coûts d’extraction, de manutention, de concassage et de traitement du minerai sont par conséquent plus élevés3. L’augmentation du tonnage extrait de la mine entraine aussi la réduction de la durée de vie du système de manutention, l’accroissement des coûts de maintenance des équipements et la hausse de la consommation électrique3. Au niveau environnemental, la dilution augmente la quantité de résidus miniers présent dans les parcs à résidus et par conséquent, le risque de drainage minier acide.

En somme, les opérations minières ont beaucoup à gagner à miser sur des programmes de quantification et de réduction de la dilution afin d’assurer des revenus maximums et réduire les risques environnementaux.

Référence:

[1]

Henning, J. G., & Mitri, H. S. (2008). Assessment and Control of Ore Dilution in Long Hole Mining:

Case Studies. Geotechnical and Geological Engineering, 26(4), 349-366. doi:10.1007/s10706-008-

9172-9

[2] 

Scoble, M. J., & Moss, A. (1994). Dilution in underground bulk mining: Implications for production

management. Geological Society, London, Special Publications, 79(1), 95-108.

doi:10.1144/gsl.sp.1994.079.01.10

[3] 

Zarshenas, Y., & Saeedi, G. (2016). Risk assessment of dilution in open pit mines. Arabian Journal of

Geosciences, 9(3). doi:10.1007/s12517-015-2214-8

 [4]

Ebrahimi, A. (2013, Avril). The Importance Of Dilution Factor For Open Pit Mining Projects: SRK

Consulting. Consulté le 8 avril 2021, à partir de : 

https://www.srk.com/en/publications/importance-of-dilution-factor-for-open-pit-mining-projects

 

Produire des diamants artificiels à température ambiante

Produire des diamants artificiels à température ambiante

Une recherche menée par une équipe de scientifiques de l’Université nationale australienne a déclaré que les diamants ordinaires et le minéral « Lonsdaleite », un type de diamant plus dur trouvé sur le site d’impact des météorites sur la terre, peuvent être formés à température ambiante en appliquant et en concentrant une pression extrêmement élevée sur un point. Normalement, les diamants se forment à environ 150 kilomètres sous terre à des températures supérieures à 1000 ° C, mais l’astuce consiste à appliquer une pression tout en utilisant une force de cisaillement, comme l’explique Jodie Bradby, professeur de physique à l’ANU. Cette force de cisaillement consiste en une énorme force de glissement de torsion. Cela permet aux atomes de carbone de tomber en place pour former un diamant. Selon cette nouvelle méthode, des diamants réguliers se forment au milieu des veines de minéral « Lonsdaleite », ce qui a été observé sous des techniques de microscopie électronique, comme l’explique Dougal McCulloch, professeur de physique au RMIT qui codirige la recherche.

Cette recherche peut véritablement changer l’industrie minière. Avec cette nouvelle technologie, les nouvelles techniques de forage peuvent s’appuyer sur des trépans diamantés abordables. En comparaison avec les diamants synthétiques, qui sont créés sous une chaleur extrême, le minéral « Lonsdaleite » a le potentiel d’être utilisé pour couper à travers la roche ultra-dure sur les sites miniers, en raison de la résistance accrue de ses matériaux. La création de ces types de diamants a également l’avantage de ne pas compter sur le minage de diamants pour produire du matériel de forage. Étant donné que le minéral « Lonsdaleite » est également créé dans un laboratoire, son facteur d’impact environnemental est similaire à celui des diamants synthétiques.

Référence :

Leotaud, V. R. (2020, November 23). Scientists produce diamonds in minutes at room temperature.

MINING.COM. https://www.mining.com/scientists-produce-diamonds-in-minutes-at-room-

temperature/? utm_source=Suppliers_Digest&utm_medium=email&utm_campaign=MNG-DIGESTS&utm_content=scientists-produce-

diamonds-in- minutes-at-room-temperature

Spary, S. C. (2020, November 20). Diamonds created at room temperature in minutes. CNN.

https://edition.cnn.com/2020/11/19/world/diamonds-room-temperature-scli-intl-scn/index.html

Utiliser l’énergie solaire comme source d’énergie dans le Nord

Utiliser l’énergie solaire comme source d’énergie dans le Nord

Malgré les changements climatiques, l’énergie solaire est la source d’énergie la plus rentable pour les opérations minières dans le nord. Avec l’assistance de Solvest, la plus grande entreprise d’installation de panneaux solaires pour les communautés du Nord, Cambridge Energy Partners (CEP) a réussi à créer un panneau solaire préfabriqué, « Nomad » , qui est facile à installer et à déplacer. Ce projet pilote a été exécuté près de Whitehorse, au Yukon, et a permis de réduire les coûts d’électricité dans tout le Nord pour les mineurs et les communautés éloignées.

Cela représente un très grand pas pour les mines du Nord qui ont du mal à investir dans les infrastructures. En utilisant le « Nomad », alimenté par CEP et Solvest, les mines ont l’avantage de réduire les coûts de main-d’œuvre car la source d’énergie solaire est préfabriquée. Cela réduit les coûts et le temps, ce qui se traduit par des économies d’énergie. Le Nomad est également bifacial, ce qui signifie que la structure est dotée de panneaux solaires sur les deux faces, ce qui produit plus d’énergie. De plus, la structure contient un tracker, qui suit l’afflux le plus élevé du soleil, ce qui augmente encore plus la production d’énergie. Il s’agit d’un véritable changement de donne qui permettra aux mines du Nord d’être plus stables financièrement et plus respectueuses de l’environnement.

Un gros problème dans les mines du Nord est le manque d’infrastructure, ce qui fait que les investissements sont suspendus. En conséquence, de nombreuses mines comptent sur le diesel qui doit être transporté sur des routes de glace et entreposer. Outre le fait d’imposer un coût élevé de transport et d’entreposage, cela entraîne également un risque environnemental important.

Bien que l’utilisation du diesel soit plus conventionnelle, il n’est pas beaucoup moins cher que l’énergie solaire. Les dépenses liées à l’utilisation du diesel peuvent atteindre 0,25 $ à 0,35 $ le kWh. La solution la plus prometteuse pour offrir une source d’énergie solaire consiste à utiliser l’énergie solaire photovoltaïque (PV). Après une analyse approfondie, CEP et Solvest ont constaté que l’intégration des deux sources, diesel et photovoltaïque, peut aboutir à une solution beaucoup plus propre et rentable. Ceci est principalement dû au fait que l’installation exclusive de l’énergie solaire dépasse le profit de n’importe quelle mine.

Cela étant dit, l’utilisation de l’intégration de l’énergie solaire avec le diesel dans la plupart des pays africains semble être une bonne alternative, où le soleil est là toute l’année pour offrir une source d’énergie. La prochaine étape logique consiste à amener cela dans le nord du Canada. Ce sera surtout avantageux pendant le ciel dégagé et les longues journées d’été.        

 

Référence :

Bruce, T., C., Schultz, M., & S. (2020). Solar Energy in the North? It’s Now Much Cheaper Thank You Think. Canadian Mining Magazine, 43-45.